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Interview de Noel Bauza de Zei : Accélérer la transition RSE grâce au digital

Bonjour Nicolas, pour commencer, pouvez-vous nous présenter Zei, votre rôle de COO / Directeur Général, et expliquer comment votre plateforme s’est construite autour d’un objectif central : accélérer la transition RSE des entreprises grâce au digital ?Zei est une plateforme...

6 août 2026 10 min de lecture
Interview de Noel Bauza de Zei : Accélérer la transition RSE grâce au digital

Bonjour Nicolas, pour commencer, pouvez-vous nous présenter Zei, votre rôle de COO / Directeur Général, et expliquer comment votre plateforme s’est construite autour d’un objectif central : accélérer la transition RSE des entreprises grâce au digital ?

Zei est une plateforme SaaS de pilotage ESG pensée pour aider les entreprises à mesurer, structurer et piloter leur performance extra-financière de manière beaucoup plus concrète, beaucoup plus fiable, et surtout beaucoup plus utile dans la prise de décision.

Zei est née d’une incompréhension très profonde : tout le monde voit bien que le monde brûle, que nous abîmons notre planète, que les déséquilibres sociaux et environnementaux s’aggravent, et pourtant, dans la réalité économique, ces enjeux restent encore trop souvent périphériques dans la prise de décision des entreprises. Pour nous, cela voulait dire une chose : il y avait quelque chose de cassé dans la manière dont nous analysons les risques et dans la façon dont nous définissons la performance.

C’est pour cela que Zei existe : permettre à chaque entreprise de mesurer réellement son impact sur la société et sur l’environnement, puis d’intégrer cette lecture dans ses analyses du quotidien. Notre ambition, c’est d’aider les entreprises à passer d’une vision partielle de leur performance, centrée presque uniquement sur le financier, à une vision beaucoup plus complète, qui intègre enfin la RSE comme une dimension normale du pilotage et de la performance globale.

Mon rôle, en tant que COO, est précisément de faire le lien entre cette vision et son exécution : produit, tech, méthodologie, accompagnement client, déploiement opérationnel. Ce que nous cherchons chez Zei, ce n’est pas d’ajouter un outil de plus dans un paysage déjà saturé. C’est de simplifier un sujet devenu trop complexe. Collecte de données, consolidation, questionnaires ESG, évaluation fournisseurs, bilan carbone, préparation de labels, reporting CSRD, plans d’action : nous avons pensé Zei comme une couche digitale unifiée qui permet de passer de la conformité au pilotage.

Vous couvrez un spectre très large d’outils – évaluation de la chaîne de valeur, questionnaires ESG, bilan carbone, préparation de labels, rapport de durabilité, consolidation interne… Concrètement, comment le digital permet-il de rendre ces démarches à la fois plus fiables, plus rapides et plus actionnables pour vos clients ?

Le digital change tout à partir du moment où il ne se contente pas de “numériser” un process existant, mais qu’il restructure réellement la manière de travailler. D’abord, il rend ces démarches plus fiables, parce qu’il crée un référentiel commun. Quand la finance, les achats, les RH, les opérations et la RSE travaillent sur une même base, avec les mêmes règles méthodologiques et les mêmes sources de preuve, on réduit énormément les erreurs, les ressaisies et les incohérences. La donnée devient traçable, explicable, donc beaucoup plus robuste.

Ensuite, il rend ces démarches beaucoup plus rapides. Une très grande partie de la fatigue RSE vient encore de la collecte manuelle, de la chasse au bon fichier, des relances, des consolidations artisanales. Dès qu’on automatise une partie des flux, qu’on structure les imports et qu’on harmonise les référentiels, on change totalement d’échelle. C’est ce qui permet à des organisations multi-sites ou multi-entités de gagner un temps considérable et de sortir du pilotage “à la main”. Zei met d’ailleurs en avant cette logique de centralisation, d’harmonisation et de gain de temps, avec des cas clients comme Appart’City, Groupe Prévoir, la LFP ou Bpifrance.

Enfin, le digital rend ces démarches actionnables. Un chiffre seul ne transforme rien. Ce qui transforme, c’est la capacité à relier ce chiffre à une décision : un plan d’action, un arbitrage fournisseur, une priorisation d’investissement, un objectif par entité, une trajectoire de progrès. C’est là que la technologie devient utile : quand elle permet aux entreprises de ne plus subir leur reporting, mais de s’en servir pour piloter.

L’un des freins majeurs à la transition RSE est souvent la collecte et la qualité des données, notamment sur la chaîne de valeur. Comment Zei aborde-t-elle ce sujet complexe : quels types de données vous cherchez à capter, comment vous les automatisez, et quels sont les points de friction que vous observez le plus souvent chez vos clients ?

Pour moi, c’est probablement le vrai sujet. On ne fait pas progresser la RSE avec de meilleurs discours, on la fait progresser avec de meilleures données. Chez Zei, nous cherchons à capter trois grandes familles d’informations : d’abord les données internes, qui relèvent des opérations, des achats, de l’énergie, des RH ou des dépenses ; ensuite les données de chaîne de valeur, notamment côté fournisseurs, partenaires ou participations ; enfin les preuves documentaires, qui permettent de fiabiliser, justifier et consolider ce qui est déclaré.

Pour les collecter, nous combinons plusieurs approches. Il y a bien sûr la couche technologique : connecteurs, imports structurés, consolidation, APIs, campagnes de collecte, extraction de données à partir de documents déjà existants. Mais il y a aussi une couche d’orchestration, qui est essentielle : qui contribue, à quel moment, sur quel périmètre, avec quel niveau de validation. C’est cette combinaison entre produit, méthode et accompagnement qui permet de faire émerger une donnée exploitable. Zei met d’ailleurs en avant cette logique de collecte ESG pilotée, aussi bien pour des entreprises que pour des réseaux ou portefeuilles d’investissement.

Les points de friction, eux, sont assez constants. D’abord, l’hétérogénéité des formats, notamment sur la chaîne de valeur. Ensuite, le manque de maturité data sur certains métiers ou chez certains partenaires. Enfin, une donnée souvent trop peu granulaire au départ pour répondre immédiatement à des exigences comme la CSRD. C’est pour cela que nous défendons une approche très pragmatique : on automatise là où c’est possible, on structure là où c’est nécessaire, et on accompagne la montée en maturité, avec des hypothèses, plutôt que d’attendre un système parfait avant de commencer.

La plupart des entreprises se lancent dans des questionnaires ESG ou un bilan carbone pour des raisons réglementaires ou de reporting. Comment, chez Zei, transformez-vous ces exercices perçus comme « administratifs » en leviers de pilotage stratégique, et quels exemples concrets de décisions business avez-vous déjà vu émerger grâce à vos outils digitaux ?

La vraie bascule se fait quand la RSE cesse d’être un exercice de preuve pour devenir un outil d’allocation des ressources. Un questionnaire ESG ou un bilan carbone n’a de valeur que s’il permet de répondre à trois questions de direction générale : où sommes-nous exposés, où pouvons-nous créer le plus de valeur, et quels arbitrages devons-nous prendre maintenant ?

Chez Zei, notre rôle est précisément de transformer cette matière extra-financière en matière décisionnelle. Cela veut dire relier les impacts aux risques, les risques aux coûts, les coûts aux choix d’investissement, d’achats ou de transformation. À partir de là, un reporting ne sert plus seulement à cocher une case réglementaire ; il sert à prioriser une feuille de route, à séquencer les efforts et à mettre la RSE au même niveau que les autres critères de performance.

Concrètement, on voit trois usages stratégiques émerger chez nos clients. D’abord, un usage de résilience : identifier les dépendances et vulnérabilités de la chaîne de valeur, notamment sur les achats et le Scope 3. Ensuite, un usage d’allocation : savoir où concentrer le temps, le budget et les efforts pour obtenir le plus d’impact avec le plus de pertinence business. Enfin, un usage de gouvernance : faire entrer des indicateurs extra-financiers dans les instances de pilotage, pour que le sujet ne reste pas cantonné à la RSE mais irrigue réellement les décisions de direction.

On le voit très bien sur le terrain. Chez Le Cèdre, l’évaluation fournisseurs n’est pas un simple exercice documentaire : elle permet de segmenter le risque, d’embarquer plus de 400 fournisseurs et d’orienter le dialogue achats de manière beaucoup plus exigeante. Chez Aqualande, un premier bilan carbone consolidé sur plus de 50 sites permet d’identifier où se trouvent réellement les principaux leviers opérationnels. Et chez Appart’City, la centralisation des données sur plus de 90 établissements donne enfin une lecture groupe qui permet d’arbitrer plus vite, plus finement et avec une vision consolidée.

Au fond, notre conviction est simple : la RSE devient stratégique au moment où elle permet de décider différemment. Tant qu’elle produit seulement un rapport, elle reste perçue comme une contrainte. Dès qu’elle aide à sécuriser une chaîne de valeur, à prioriser des investissements, à renforcer la résilience ou à différencier l’entreprise, elle devient un levier de pilotage.

La préparation de labels RSE et la production de rapports de durabilité sont de plus en plus normées (CSRD, taxonomie, etc.). Comment votre approche digitale permet-elle de naviguer dans cette complexité croissante, et quels arbitrages vous faites entre standardisation (templates, automatisations) et adaptation fine aux spécificités sectorielles et de taille d’entreprise ?

Notre plateforme couple standardisation et adaptation sectorielle : nous simplifions la gestion de la conformité aux référentiels généraux (CSRD, Taxonomie, ISO, GRI…) tout en intégrant des frameworks sectoriels plus précis comme le label Numérique Responsable ou le label DDRS pour la formation et l’éducation. Grâce à l’harmonisation intelligente des données et à des templates modulables, nous permettons aux entreprises d'utiliser les 2 en parrallèle sans ajouter de compléxité : les référentiels standards pour répondre aux parties prenantes, et les référentiels sectoriels pour le pilotage de l'impact. Zei aide les entreprises dans ce sens en intègrant un algorithme qui permet d'identifier les enjeux et indicateurs les plus pertinents pour chaque entreprise selon sa taille, secteur et spécificités.

Si l’on se projette à 3–5 ans, comment imaginez-vous l’évolution des plateformes comme Zei : intégration temps réel des données extra-financières, IA générative pour les rapports, interfaçage natif avec les ERP et outils financiers… et surtout, qu’est-ce qui va selon vous réellement accélérer – ou au contraire freiner – la transformation RSE via le digital ?

À 3–5 ans, Zei fera de la transparence et de la comparabilité le cœur de son évolution : nous exploiterons les données collectées pour offrir une vision claire et comparable des performances RSE, accessible à toutes les parties prenantes et au grand public. L’intégration fluide des données extra-financières et leur mise à disposition en temps réel accélérera la transformation, tandis que les freins persisteront avec l’hétérogénéité des référentiels et les réticences à partager des données. Notre objectif : rendre l’impact des entreprises enfin lisible et actionnable.

Pour conclure, quel conseil très concret donneriez-vous à un dirigeant ou à un responsable RSE qui se sent dépassé par la complexité des enjeux et des outils, et qui veut enclencher, dès cette année, une trajectoire RSE plus ambitieuse en s’appuyant intelligemment sur le digital ?

Commencez dès maintenant par auditer et chiffrer l’impact réel de vos produits et services — au-delà des simples déclarations RSE. La CSRD va imposer une transparence sans précédent, et l’émergence de « Yuka de la RSE » va rendre chaque engagement visible et comparable. Oubliez la RSE « à la papa » (checklists, rapports statiques) : basculez sur une démarche data-driven où chaque euro investi, chaque processus, chaque produit a un impact mesurable. Utilisez le digital pour simplifier au maximum le reporting reglementaire, et investissez les ressources économisées dans l'amélioration de votre impact avant vos concurrents pour rester compétitifs dans l'avenir proche

Pour en savoir plus : https://zei-world.com